" Vision en eaux grises "
( Ou comment se dépatouiller avec son imagination )
Pastels secs sur papier
29,7x42 cm
2026
Prix : 200 Euros
" Vision en eaux grises "
( Ou comment se dépatouiller avec son imagination )
Pastels secs sur papier
29,7x42 cm
2026
Prix : 200 Euros
The arrival of the Fire Horse is on February 17, 2026.
It represents audacity and ambition; it acts quickly: this is the ideal year to undertake new projects and forge new paths in achieving your goals.
The spirit of the horse is lively, fiery, and imaginative. It promises to be a creative year, and guess what? That's perfect because it's my sign!
You can adopt a horse mantra at home to remind you throughout the year to explore and nurture your creativity (in all areas). (Or it could be a small gift for your loved ones.)
This is a linocut in red ink on Canson paper, measuring 21 x 29.7 cm.
This purchase supports me; it's also a political statement that goes against the pressure to stop dreaming or to sleep while awake, depending on your perspective.
Price: 20 Euros
La société française n’aime pas ses peintres.
C’est si fréquent que l’on me dise d’arrêter de rêver et d’aller chercher un vrai
travail puisque je ne suis probablement pas assez douée pour vendre des oeuvres
. Que ce soit dans des conversations de café, à France travail ou encore dans
le cercle intime où ça suinte le mauvais jugement, c’est tellement banalisé que
je m’efforce à ne pas écouter. En fait je dois rectifier : la France n’aime
pas les peintres qui ne vendent pas, la pauvreté, les « assistés »,
les incapables de se débrouiller financièrement.
Que doivent-ils penser d’un revenu de
soutien sans contrepartie pour les artistes dans certains pays européens ?
En fait il y a cette échelle : c’est la société qui l’a inventée, la
valeur du travail artistique nivelée par l’argent. Et le plus absurde : voir
les musées pleins à craquer qui présentent des artistes qui ont crevé la dalle
de leur vivant…Mais le plus insupportable c’est la suffisance de ceux qui
estiment que produire des œuvres d’Art pour « rien », en l’air, sans
spectateur, ce ne serait vraiment pas un signe d’intelligence ou de
responsabilité vis-à-vis des autres qui s’éreintent dans un job alimentaire.
Mais être artiste n’est pas un choix, il faudrait être stupide pour décider de
vivre de façon si précaire volontairement ! Etre artiste c’est une façon d’être
au monde, c’est un chemin intérieur et une guidance pour une petite poignée de
personnes qui comprennent que la vie a besoin de se nourrir d’Art et de poésie.
Quoi de plus important que de remplir l’espace de belles choses ? Nous
artistes, n’avons pas peur d’être nous-mêmes, d’écouter les ritournelles
invasives et pleines de poison. Nous sommes libres et pas libre à la fois, mais
surtout nous n’avons pas besoin de ces injonctions à arrêter de rêver.
Parfois j’imagine ce monde sans artistes, sans musique, sans beaux textes, sans
films ni théâtre, sans artisanat. L’humanité ne survirait pas longtemps à cette
sécheresse, mais elle ne le sait pas car elle ne le vit pas.
Il est important de reconnaître que tous, avons des tableaux chez nous, il est
donc bien hypocrite de dire aux artistes de faire tout autre chose. Je réalise ainsi
qu’il y a deux catégories d’homo sapiens : les artRistes ( homo sapeurs de
moral ) et les magiciens qui savent que l’essence même de la Vie est l’ART (
depuis l’apparition de la conscience humaine).
Dommage que les uns jugent mal les autres. Ainsi nous pouvons comprendre la
complexité de nos rapports face à l’argent. J’espère être plus soutenue dans les années à venir, même avec des petits
riens comme dire à un artiste « oh c’est beau ce que tu as fait là «
ou même simplement aller regarder son travail ce qui devient aussi très rare,
aller dans les galeries, contactez les artistes sur internet, commentez leurs œuvres
quand, généreusement, ils vous offre leurs visuels en ligne ( on n’est pas
obligé de le faire : ça ne nous rapporte rien ! )
Ces mots là font-ils réfléchir ?
French society doesn't like its painters.
It's so common to hear me told to stop dreaming and get a real job since I'm probably not talented enough to sell my work. Whether it's in café conversations, at the employment center, or even in my inner circle where the negative judgment reeks, it's so commonplace that I try not to listen. Actually, I should clarify: France doesn't like painters who don't sell, poverty, those on welfare, or those unable to support themselves financially.
What must they think about a basic income without any conditions for artists in some European countries? In fact, there's this hierarchy: society invented it, leveling the value of artistic work with money. And the most absurd thing: seeing museums packed to the rafters, exhibiting artists who starved to death in their lifetime… But the most unbearable thing is the smugness of those who believe that producing works of art for “nothing,” in mid-air, without an audience, is truly a lack of intelligence or responsibility towards others who toil away in a dead-end job. But being an artist isn't a choice; you'd have to be stupid to decide to live such a precarious life voluntarily! Being an artist is a way of being in the world, an inner journey and guidance for a small handful of people who understand that life needs to be nourished by art and poetry. What could be more important than filling the space with beautiful things? We artists aren't afraid to be ourselves, to listen to the invasive and poisonous refrains. We are both free and unfree, but above all, we don't need these injunctions to stop dreaming.
Sometimes I imagine this world without artists, without music, without beautiful writing, without films or theater, without craftsmanship. Humanity wouldn't survive long in such a drought, but it doesn't know it because it doesn't experience it.
It's important to recognize that we all have paintings in our homes, so it's quite hypocritical to tell artists to do something completely different. I realize, then, that there are two categories of Homo sapiens: the artRists (moral sappers) and the magicians who know that the very essence of Life is ART (since the dawn of human consciousness).
It's a shame that some judge others so harshly. This helps us understand the complexity of our relationship with money. I hope to receive more support in the coming years, even with small gestures like telling an artist, "Oh, that's beautiful what you've done there," or even simply going to look at their work, which is becoming very rare, going to galleries, contacting artists online, commenting on their work when they generously offer their images online (we're not obligated to do this: it doesn't bring us any profit!). Do these words make you think?
Démantibule
tes habitudes, brûle-toi mille fois les doigts, bat-toi seul et sans armes,
l’union fait diversion, la minorité est ton éperon secret, déporte les rivages
moroses, ton cœur ne pourrait les suivre, cherche le chaos avec entêtement,
échange volontairement et régulièrement tes yeux, ne te maquille pas, crois en
la force des mots tranquilles, voués au néant, escalade les montagnes de la
tristesse avec éclat, et dans les ténèbres, ne lâche jamais ta torche, active
tous les interrupteurs que tu ne connais pas, emprunte les routes élastiques,
celles qui recoupent toutes les autres, initie ton esprit à la démesure sans
jamais le contraindre, supprime le mot impossible de ton vocabulaire
retardataire, épluche les brises marines, laisse-les flotter dans tes cheveux,
ne crois pas à l’inertie, les mouvements laissent des sillons dans lesquels tu
peux te coucher, promet-toi des lunes et des soleils, des caresses en pluie,
des revers de regards, tripote un maximum, aie la main lourde sur les
tentatives, révolutionne chaque jour ton monde restreint, diffuse tes lumières
sans honte, la joie est en haut de la chaîne élémentaire, pas de cernes à
l’horizon des vainqueurs, dessine dans l’atmosphère des contours imaginaires
qu’une simple expiration pourrait anéantir, désigne ton corps comme un
territoire à habiter, les guerres de peaux font des terres poreuses, allie la
parole aux gestes, mais ça même pas besoin de le dire, facilite les passages
dans les réseaux fluides, n’idolâtre rien ni personne, et sois ferme pour
ne pas être vénéré à ton tour, face à la peur ne rebrousse pas chemin, mais
confronte ton mutisme avec ton bavardage, il y a tellement de propositions pour
s’en affranchir, la peur est le témoignage de l’envie irraisonnée, une fois
apprivoisée même le feu peut entrer dans le foyer, ivre-toi dans les ressacs et
les marrées, tu dois garder en vue ton horizon, et si tu as froid, dans les
nuits désespérées des doutes, compte uniquement sur l’Amour et l’Imagination.
MK 2011